Soigner les hémorroïdes : guide complet

Tout le monde connaît de nom les hémorroïdes. Mais peu de personnes savent vraiment ce qu’elles sont. La crise hémorroïdaire a un aspect tabou ou de non-dit. Ceux qui en souffrent ont effectivement du mal à en parler à leur entourage car ils se sentent gênés.

C’est vrai que les idées reçues ne manquent pas sur ce sujet. Souffrir de crise hémorroïdaire est pourtant très courant. Une personne sur deux de plus de 50 ans est victime d’hémorroïdes douloureuses.

Si vous souffrez d’une crise hémorroïdaire, sachez que même si cela fait très mal, elle est bénigne et se soigne très facilement dans la majorité des cas.

Quels sont les causes des crises hémorroïdaires, les symptômes, les meilleurs traitements et ceux à éviter, qui est concerné, nous répondons à toutes ces questions et bien d’autres dans ce guide très complet consacré au traitement des hémorroïdes.

Les causes des crises hémorroïdaires

Les causes de l’apparition des hémorroïdes sont nombreuses :

  • Une constipation fréquente
  • L’obésité
  • Un accouchement par voie naturelle, une grossesse ou une phase prémenstruelle
  • Une prédisposition génétique
  • La sédentarité
  • Certaines activités sportives telle que le vélo ou encore l’équitation
  • Une position assise répétée au travail
  • Une anomalie vasculaire (donc des vaisseaux sanguins)
  • Une inflammation due à une irritation chronique
  • Les habitudes alimentaires : l’alcool, les épices ou encore le café
  • Des efforts intenses (porter des charges lourdes par exemple peut entraîner une dilatation des veines rectales)
  • Certains médicaments dont les antidépresseurs
  • Certains médicaments locaux comme les suppositoires, les lavements etc.

Comme vous pouvez le constater, les causes des hémorroïdes sont nombreuses et variées.

Qui est concerné par les hémorroïdes ?

Les crises hémorroïdaires touchent à peu près autant les femmes que les hommes. Cependant, pendant la grossesse, beaucoup de femmes en souffrent. Pendant les périodes menstruelles, les femmes sont également touchées par les crises en raison des modifications hormonales qui ont un impact sur les vaisseaux sanguins.

Les personnes de plus de 50 ans sont également touchées par les crises hémorroïdaires. Une personne sur deux à cet âge-là en souffre.

Quels sont les symptômes ?

Vous pensez avoir une crise d’hémorroïdes mais vous n’en êtes pas certains ? Nous allons vous indiquer les principaux symptômes.

Il est notamment fréquent de ressentir des douleurs lors de la défécation. Une sensation de brûlure est alors fréquente.

Parmi les symptômes, des saignements sont possibles. Ils sont faibles et se remarquent à peine sur les sous-vêtements ou sur le papier toilette. Des démangeassions ou un inconfort dans la région anale peut également se produire.

Les personnes qui ont une crise hémorroïdaire ont souvent la sensation que l’intérieur de leur anus est enflé voire même une impression que les hémorroïdes sont sorties de l’anus.

Et pour finir, parmi les symptômes on trouve le suintement de mucus par l’anus. Un écoulement rosâtre ou rouge vif peut indiquer la présence d’hémorroïdes internes. Mais il faut rester prudent car ce suintement peut avec de nombreuses origines (tumeurs du colon, ulcération du rectum…).

Deux types d’hémorroïdes : internes et externes

Il existe deux types d’hémorroïdes :

  • Les hémorroïdes internes

Elles sont situées à l’intérieur du canal rectal et elles ne sont pas visibles à l’œil nu. Il faut savoir qu’elles ne sont pas douloureuses car cette partie de l’anus n’a pas de cellule nerveuse. Elles ne sont donc détectables que lors d’un examen rectal.

  • Les hémorroïdes externes

Elles sont situées au bord de l’anus et sont donc visibles. Elles sont assez douloureuses avec notamment des douleurs aiguës car elles possèdent des cellules nerveuses.

Mythes et fausses idées sur les hémorroïdes

Si les personnes qui souffrent d’une crise d’hémorroïdes n’osent pas en parler, c’est parce que cela concerne une partie intime mais également parce qu’il y a beaucoup d’idées fausses au sujet des hémorroïdes.

Le problème est que beaucoup de personnes ignorent ce que sont les hémorroïdes et comme elles touchent la région anale, cela suffit pour que des préjugés voient le jour.

Pour beaucoup, les hémorroïdes sont contagieuses. Ce qui est bien sûr faux. Tout comme le fait qu’elles ne sont pas dues à une mauvaise hygiène intime.

Elles ne sont pas non plus quelque chose d’honteux mais bien une pathologie comme une autre.

Hémorroïdes et saignements

La première chose à savoir est que les saignements sont quelque chose de courant lors d’une crise hémorroïdaire. Même si ce n’est pas grave, la présence de ce symptôme est à surveiller.

Dans la plupart des cas, la présence d’un saignement indique l’apparition d’une crise des hémorroïdes internes. Ils sont surtout provoqués par le frottement des selles sur les hémorroïdes présentes à l’intérieur de la paroi anale.

Ils sont souvent une source de stress et de panique pour les personnes qui voient ces saignements sur le papier de toilette par exemple. C’est compréhensible mais il ne faut surtout pas paniquer. N’hésitez pas à consulter votre médecin qui pratiquera un examen local afin de poser un diagnostic pour ensuite vous prescrire un traitement pour lutter contre la crise hémorroïdaire.

Les meilleurs traitements pour soigner les hémorroïdes

Parmi les traitements pour soulager une crise d’hémorroïdes, il existe plusieurs crèmes efficaces. Nous en avons sélectionné 3 pour vous.

Traitement

Caractéristiques

Composition

Prix

Type : crème

Usage : interne ou externe

Posologie : matin et soir et après chaque selle

Durée : 7 jours

Chlorhydrate de cinchocaïne, de l’hydrocortisone, de la graisse de laine, de l’huile de paraffine et de la paraffine molle blanche.

Supositoires : 49 € 

Tube : 55 €

Type : mousse

Usage : externe

Posologie : 4 fois par jour

Durée : 7 jours

Acétate d’hydrocortisone, de chlorhydrate pramocaine, d’alcool cétylique, de cire émulsifiante, de parahydroxybenzoate de méthyle, de polyoxéthylène, de stéaryl éther, de propylène glycol, de parahydroxybenzoate de propyle, de trolamine, d’eau purifiée et d’HP-70.

Tube : 55 €

Type : crème

Usage : externe et interne

Posologie : 4 fois par jour

Durée : 7 jours

Acétate d’hydrocortisones, oxyde de zinc, sous-gallate de bismuth, baume du Pérou, oxyde de bismuth, benzoate de benzyle, stéarate de magnésium, beurre de cacao, lanoline anhydre, huile de ricin, phosphate acide de calcium, gelée de pétrole.

Supositoires : 37 € 

Tube : 39 €

Les traitements à éviter

Lorsque l’on souffre d’une crise hémorroïdaire, on peut être tenté de faire tout et n’importe quoi pour soulager notamment les douleurs, les démangeaisons et pour qu’elles disparaissent sans consulter un médecin.

Il faut toutefois faire attention. Il existe beaucoup de traitements et de solutions naturelles pour soigner les hémorroïdes. Mais il existe également des traitements qu’il faut absolument éviter.

C’est notamment le cas les laxatifs locaux comme les lavements ou les micro-lavements. Pourquoi sont-ils déconseillés ? Tout simplement parce qu’ils peuvent traumatiser la paroi anale. SI vous devez utiliser ce type de traitements pour X raisons, demandez l’avis de votre médecin.

Méthodes naturelles et remèdes de grands-mères

Il y a plusieurs remèdes de grands-mères ou de solutions naturelles qui peuvent vous être d’une aide précieuse dans le cas d’une crise d’hémorroïde. Il ne faut toutefois pas négliger les traitements classiques et cela ne doit pas se substituer à une consultation chez votre médecin.

Voici donc quelques remèdes naturels pour soulager notamment les douleurs et les démangeaisons :

- L’oignon

C’est l’une des solutions les plus connues pour son efficacité à soulager la douleur provoquée par une crise hémorroïdaire. Prenez un oignon frais que vous faites cuire et que vous réduisez en purée. Enveloppez cette sorte de pâte dans une gaze et appliquez sur la zone sensible en restant allongé le plus longtemps possible.

- Le miel de châtaignier

Autre remède, le miel de châtaignier est bénéfique pour la circulation et va vous soulager. Pour cela, il suffit de masser avec délicatesse les hémorroïdes avec le miel et ce, plusieurs fois par jour.

- Le cerfeuil

Bien connu pour ses bienfaits anti-inflammatoires, le cerfeuil est très utilisé lors d’une crise. Faites cuire un bouquet de cerfeuil frais dans du lait pendant une dizaine de minutes. Mettez le cerfeuil dans une gaze et appliquez en cataplasme sur la zone douloureuse.

- L’argile

L’argile est très efficace si vous souffrez d’hémorroïdes. Tous les soirs, lavez la zone douloureuse ainsi que ses contours avec un peu d’eau argileuse salée au sel marin. Appliquez ensuite un cataplasme réalisé avec de l’argile verte et gardez-le si possible toute la nuit. Retirez le cataplasme le matin en faisant un bain de siège à l’eau froide. Vous pouvez le refaire tous les soirs.

- La camomille

La camomille possède de nombreuses vertus et est la plante médicinale par excellence. Vous pouvez donc utiliser une crème à base de camomille, achetez une petite bouteille d’huile camomille que vous appliquez directement sur la partie douloureuse, faire une infusion de camomille pour un bain de siège ou un thé à la camomille dont vous vous servirez pour laver la zone qui vous fait mal.

Opération chirurgicale : notre avis

Lorsque les traitements locaux et oraux ne sont pas efficaces ou ne suffisent plus ou si les crises s’aggravent avec un risque de complications, il peut être alors envisagé un traitement chirurgical.

Plusieurs possibilités sont alors étudiées. La première est une opération dite « légère » et elle a pour but non pas de détruire les hémorroïdes mais plutôt de les protéger contre des étirements. Il s’agit d’un traitement instrumental qui se réalise dans le cabinet du proctologue.

Celui-ci va constituer une petite zone cicatricielle de la paroi anale par sclérose, par ligature élastique, par photo-coagulation ou par électrocoagulation au sommet des hémorroïdes. Il faut savoir que les effets ne sont pas immédiats.

Dans 10 % des cas, le proctologue peut décider l’ablation des hémorroïdes. Cette opération se fait en dehors d’une crise. C’est une solution efficace sur le long terme mais qui peut provoquer de grosses douleurs, une hospitalisation prolongée ainsi que des soins locaux à effectués jusqu’à la cicatrisation.

La technique de Longo est une opération mise au point par l’italien Antonio Longo. Elle consiste non pas à retirer les hémorroïdes mais à les empêcher de sortir de l’anus. Pour cela, le praticien va les fixer dans el rectum. Elles sont donc « remontées » au lieu d’être enlevées.

Cette opération dure une vingtaine de minutes et peut être effectuée sous anesthésie locale. L’hospitalisation est de 1 à 3 jours. Quelques effets indésirables font que cette technique est encore peu pratiquée en France.

Notre avis

Seul un proctologue peut décider si une opération chirurgicale est nécessaire. Dans tous les cas, il faut commencer par des mesures d’hygiènes élémentaires, continuer par des traitements médicaux telles que les crèmes et ensuite, il faut penser à l’opération chirurgicale.

Elle en sera dans tous les cas qu’envisagé en dernier recours c’est-à-dire lorsque les autres solutions ont échoué et lorsque la crise est très douloureuse ou si la gêne est handicapante.

Il faut savoir que ce type d’opération peut entraîner des complications qui peuvent être graves.

Les risques de complications d’une opération

Si l’opération est choisie en dernier recours, c’est parce que les risques de complications sont réels. Les douleurs post-opératoires sont souvent présentes. Il s’agit de pics douloureux au moment des selles et lors des soins.

Parmi les complications, il peut y avoir des complications urinaires survenant au cours des premiers jours post-opératoires chez 10 à 20 % des patients. Elles sont surtout fréquentes chez les hommes. Elles peuvent nécessiter la pose d’une sonde urinaire.

Il peut également y avoir des hémorragies post-opératoires via le saignement d’un petit vaisseau au niveau de la plaie. Rarement, il peut être nécessaire de réaliser un acte chirurgical complémentaire pour arrêter le saignement.

Les troubles de la continence (difficultés à retenir les gaz ou les matières) peuvent également avoir lieu après une opération chirurgicale.

Et pour finir, il peut arriver qu’une infection avec la présence d’un abcès nécessite d’intervenir encore. Mais cela reste très rare.

Pour l’opération de Longo, les complications sont :

  • Des saignements post-opératoires avec possibilité d’une seconde opération pour arrêter le saignement.
  • Une sténose au niveau de ligne d’agrafes
  • Une douleur prolongée surtout quand le chirurgien a positionné ses agrafes trop bas
  • Une survenue de thromboses hémorroïdaires post-opératoires
  • Des infections qui peuvent être graves (cela reste rare)

Il faut toutefois savoir que le taux de satisfaction d’une opération des hémorroïdes est de 90%.

Quelques conseils pratiques faciles à suivre

Pour soulager une crise hémorroïdaire, voici quelques conseils efficaces :

  • Faites en sorte de garder une hygiène anale impeccable. Prenez une douche tous les jours. Vous n’êtes pas obligés d’utiliser tous les jours du savon mais il est essentiel que la zone enflammée ne s’infecte pas
  • Attention au papier toilette. Celui-ci est déconseillé en cas de crise. Privilégiez les lingettes pour bébé ou si vous n’en avez pas, du papier toilette imbibé d’eau. Nous vous déconseillons le papier de toilette parfumé qui peut faciliter une inflammation.
  • Le froid peut vous aider. Si vous ressentez des douleurs ou des démangeaisons, appliquez des compresses froides au niveau anal plusieurs fois par jour. Cela devrait vous soulager. Vous pouvez également faire des bains de siège avec de l’eau froide (surtout pas chaude !).
  • Evitez de porter des sous-vêtements en lycra, en acrylique ou autres fibres synthétiques et préférez le coton qui permet l’évacuation de l’humidité.

Les crèmes ou pommades permettent un soulagement rapide mais attention, elles ne doivent pas être utilisées de façon prolongée. Pensez aux crèmes ou aux remèdes naturels qui grâce aux extraits végétaux sont efficaces pour les bienfaits apaisants.

Crises hémorroïdaires régulières : notre guide pour que ça cesse

Les crises hémorroïdaires sont douloureuses, gênantes, complexantes et lorsqu’elles sont fréquentes, les patients vivent un véritable enfer. Quelques conseils pour prévenir les crises sont donc nécessaires.

Nous allons donc vous dire tout ce qu’il faut faire pour éviter l’apparition d’une énième crise. La première chose à faire est d’éviter une constipation. C ‘est vraiment le point le plus important. Pour cela, il faut tout simplement changer ses habitudes alimentaires.

Consommez plus de fibres est la première chose à faire. Mangez donc des fruits, des légumes ou encore des céréales complètes. Vous devez ensuite avoir une alimentation faible en matières grasses, en sel mais également en pâtisseries.

N’oubliez pas de boire suffisamment soit entre 1,5 à 2 litres d’eau par jour. En mangeant mieux et en buvant plus, vous mettez toutes les chances de votre côté pour être moins constipé et donc pour avoir moins de crises hémorroïdaires.

Lorsque vous avez envie d’aller aux toilettes, n’attendez pas. Pourquoi ? Parce que cela favorise la constipation et donc les crises d’hémorroïdes.

L’obésité et le surpoids sont des facteurs qui favorisent la survenue de crises. Essayez donc de limiter la prise de poids. Faites également du sport. Avoir une activité sportive peut en effet réduire le risque d’être constipé.

Lorsque vous sentez qu’une crise arrive, évitez certains aliments qui peuvent être irritants pour les muqueuses. Oubliez donc le café, la moutarde forte, le piment fort, les épices en général, l’alcool ou encore le thé.

Il faut également éviter certains efforts qui peuvent augmenter la pression dans les veines. Ne portez pas d’objets lourds et ne forcez pas quand vous allez aux toilettes.

A titre indicatif, lorsque vous allez aux toilettes, évitez les pressions inutiles sur les veines rectales. Ainsi, nous vous conseillons de ne pas rester plus de 5 minutes dans les toilettes pour lire un magazine par exemple !


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